Respirez....


Interpellé par certaines descriptions de la conscience d'ouvrages de Yoga et encouragé par le grand phénoménologue suisse Binswanger à entreprendre ce voyage, Caycedo séjourne plus de deux ans en Orient (1965 - 1968), où il s'initie à divers Yoga,, au Tummo et au Zen japonais.

Alfonso Caycedo, neuropsychiatre colombien met au point à Madrid, en 1960
une nouvelle méthode avec  un rapport au malade plus respectueux, prenant en compte sa personnalité, ses spécificités.



"(...) j'ai fondé la Sophrologie dans le Service de Neuropsychiatrie de l'Hôpital Provincial de Madrid que dirigeait le Pr. Juan José Lopez Ibor en 1960. Je m'occupais alors du traitement de patients psychiatriques au niveau hospitalier et ma rencontre avec la conscience malade de ces patients a eu des caractéristiques spéciales. Une grande partie de la thérapeutique d'alors produisait une modification ou une altération de la conscience. Je me réfère aux traitements d'électrochocs et aux comas insuliniques qui étaient à l'époque une thérapie de choix (...).


Ma rencontre avec la conscience en coma produit par l'insuline, ou (...) par l'électrochoc, (...) produisaient en moi une interrogation : est-il nécessaire de modifier la conscience ou de l'altérer comme thérapeutique ? Ensuite, je me suis intéressé à l'hypnose clinique (...).


Alors naquit en moi un désir de recherche de la conscience parce qu'il me paraissait que les maladies mentales étaient fondamentalement des altérations pathologiques de la conscience.


Puisse-je connaître la conscience en harmonie ? Fut ma première Question Radicale qui me porta à mettre en marche un mouvement médical pour rechercher la conscience en harmonie, je lui donnais le nom de "Sophrologie" (...), une école scientifique pour laquelle j'ai proposé la devise "Ut conscientia noscatur", qui signifie, "pour que la conscience soit connue". (Caycedo, 2001).


Il en tirera, respectivement le premier, deuxième et troisième degré de la "Relaxation Dynamique", adaptant et rendant plus accessibles à notre esprit occidental les techniques originelles, en abandonnant notamment l' aspect philosophique et religieux initial, puisqu'il s'agit alors véritablement d' élaborer une science.


Si Caycedo réalise ainsi un pont - ou "une rencontre vivantielle" (Caycedo, 2001) - entre l'Occident et l'Orient. Il nous précise aussi que, "Peut-être à cause des recherches que j'ai réalisées, nombreux sont encore ceux qui confondent la Sophrologie et ma Méthode qui est son fondement, avec ce genre de techniques et de méthodes [occidentales et orientales] que j'ai étudié et abandonné au fur et à mesure que je découvrais les structures responsables de l'intégration de la conscience, celles que ma méthode découvre et renforce à l'heure actuelle".



En 1985, Caycedo proposera un 4ème degré original élaboré à partir de ses propres expériences sophrologiques.


"RELAXATION DYNAMIQUE"

Rajah Yoga Indien

Tummo Tibétain

Zen Japonais

flèche bas

flèche bas

flèche bas

1er degré

2ème degré

3ème degré

corps ; sensations ; intégration ; concentration ; renforcement du schéma corporel.

conquête d'une image du corps plus juste ; contemplation ; "corps limité, conscience illimitée"

posture ; forme, équilibre, respiration ; méditation "réflexive"; intégrité.

4ème degré
découverte de la dimension existentielle et des valeurs fondamentales de l'Être ;
totalité.


Depuis, Caycedo a modifié les degrés initiaux et a mis au point huit degrés supplémentaires exigés pour devenir "sophrologue caycédien".


L'ensemble de la méthode de "relaxation dynamique" comprend ainsi trois cycles avec chacun quatre degrés, soit au final 12 degrés de "relaxation dynamique" !


Ces degrés peuvent être comparés à ce que les arts martiaux japonais désignent par "katas" (Fernandez, 1996), c'est-à-dire, un enchaînement de mouvements codifiés, une "forme" originelle, transmise par les fondateurs pour synthétiser leur art.


Toutefois, l'apprentissage des différents degrés de la "relaxation dynamique" n'exige pas tant de perfectionnisme que dans les katas japonais : la forme importe moins que la dynamique, que l'intentionnalité et surtout que l'expérience personnelle.